Quelques réflexions sur la perte du triple A et ce qu'elle révèle des peurs des français.
C'est un label de bonne gestion qui échappe à Nicolas Sarkozy, et ce n'est que normal. Il n'a jamais été un bon gestionnaire des fonds publics. Sarkozy est un homme de coups, un opportuniste comme avec Alstom, qu'il a racheté à la casse et revendu à Bouygues, faisant faire une belle plus value à l'Etat. Mais la perte du triple A est une notation au long cours, le résultat d'un long parcours, un vrai juge de paix.
La dégradation unique dans l'histoire de la dette de la france à hauteur de 600 milliards en cinq ans tel est le bilan final. Les plans de rigueur à hauteur de 10 ou 12 milliards à chaque fois sont de simples rustines. Un président agité brouillon et fantasque aura tout essayé ou presque pour se sortir de la nasse. En vain.
Conséquence : Sarkozy en a trop fait et pas assez. Il a trop donné de cadeaux fiscaux et pas assez taillé dans les dépenses. La consommation a tenu, c'est sans doute le seul point positif, mais nous avons consommé à crédit et la vraie reprise tarde. Au contraire on craint une rechute de l'économie en 2012. Preuve que les solutions n'étaient que des palliatifs. Les français n'ont jamais repris espoir.
La grande réforme de fond qui a fait vraiment mal aux français actifs, c'est la réforme des retraites. Plus dure et rapide qu'ailleurs, elle déprime les français qui n'ont qu'une hâte passés 55 ans, c'est de partir. Parce que plus productifs qu'ailleurs, habitués avec les 35 heures à utiliser leur temps libre, impliqués dans le tissu associatif, ils savent vivre autrement que par le travail. Ce n'est en rien un éloge de la paresse, c'est l'art de vivre à la française, de vivre ensemble, de vivre pleinement. Quelque chose que Sarkozy a renié, dénié aux français. Il n'est pas baigné par notre culture.
Pourtant il y a aussi un vrai problème de pauvreté dans notre pays. Entre dix et quinze millions de français vivent mal. Actifs ou non, jeunes ou vieux, ils subissent l'insécurité et la précarité. Résultat : ils votent Le Pen ou s'abstiennent en masse. Un drame.
C'est bien plus grave que la perte du triple A dont la plupart des français se moquent. Ca ne leur parle pas. En tout cas moins qu'une hausse de la TVA ou des impôts dont ils ne voient pas en quoi celà va les rendre compétitifs. Les français vivent dans un pays riche mais avec des inégalités de plus en plus fortes, une peur du déclassement et avec une crainte de l'avenir absolument phénoménale.
Celui qui saura le mieux gérer ces peurs gagnera en 2012. Sarkozy voulait jouer le président protecteur, mais la perte du triple A est une brèche énorme dans le tableaut. Hollande sait ce qu'il lui reste à faire. Donner de l'espoir et imposer de la justice.

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