La réforme fiscale sur de meilleurs rails

Rails
J'avoue que la tournure des évènements m'inquiétait quand il s'est agi de planifier la réforme fiscale de début de quinquennat. Beaucoup d'impôts et de taxes visibles tout de suite (la CSG), et un report emblématique : la suppression de la taxe d'habitation que beaucoup attendaient. Le discours de politique générale m'a - je l'avoue - singulièrement refroidi sur l'ardeur réformatrice du gouvernement. Les pensées en altitude du président m'avaient séduites intellectuellement mais les dispositions concrètes du premier ministre m'avaient déçu, tant la rigueur comptable tenait la corde des priorités.

Heureusement Zorro est arrivé. Zorro c'est Emmanuel Macron. Il a recalé deux mesures phares dans un avenir proche : la TH et l'ISF. Ouf. On fera bien des choses en 2018 et sans attendre la fin du quinquennat, ce que personne n'avait annoncé quoiqu'en dise le porte parole du gouvernement.

Si on se prenait le feu croisé des insoumis qui crient à l'austérité, des droitiers qui crient à la trahison des promesses de campagne vis à vis des retraités (baisse TH contre hausse CSG) et des socialistes qui crient par principe parce que la REM les a dépouillé de leur patrimoine électoral et de leurs subventions publiques, on aurait vite sombré dans l'opinion.

Quoiqu'en dise le pouvoir, il faut écouter la base. Quand même les macronistes se mettent à tousser, il faut changer rapidement. Ce n'est pas la moindre qualité d'Emmanuel Macron que de savoir écouter.


Abstention record ... faute d'une opposition crédible. LREM a intérêt à ne pas crier victoire.

AbstentionAu moment où j'écris ces lignes, les médias annoncent une participation de l'ordre de 49% aux élections législatives. Soit un record d'abstention.

Les Français semblent lassés de la politique ou du moins lassés de cette élection là. Il y a sans doute manqué un enjeu fort qui aurait mobilisé les foules. Chacun s'attend à une victoire de LREM (La République En Marche), claire et nette. On attend une majorité absolue, voire une forme d'hégémonie mais rien n'est fait à cette heure. Les urnes peuvent me détromper.

Un peu comme si le sort de l'élection s'était joué en même temps que l'élection présidentielle. Il faudrait à mon avis changer quelque chose dans nos institutions. D'une part le mode de scrutin avec une part de proportionnelle, d'autre part la date du scrutin législatif qui devrait coïncider avec celui de la présidentielle. Quid en cas de dissolution, ou en cas de disparition du président, cela reste à imaginer mais il me semble qu'aux Etats Unis l'élection a lieu le même jour pour le président et les parlementaires, et les gouverneurs des Etats.

Au delà de la date du scrutin, la question qui se pose est celle de l'offre politique. Manifestement une partie de la population n'y trouve pas son compte. L'offre majoritaire est assez claire, qu'on y adhère ou pas mais l'offre de l'opposition est disparate, surabondante et finalement peu lisible. Pas de quoi donner envie d'y adhérer car aucune ligne de force des opposants n'apparait. Aucune alternative crédible, l'opposition étant hyper divisée en de multiples blocs irréconciliables. Ce n'est pas tant la sur-mobilisation des marcheurs qui va donner une majorité à Emmanuel Macron que la démobilisation plus que manifeste des opposants.

Il y a quelque chose à faire pour revivifier notre démocratie ...  Cette abstention n'est pas saine. Il serait bon que personne chez les leaders de LREM ne fasse preuve de triomphalisme ou d'arrogance ce soir. Humilité et sobriété sont de rigueur.


La victoire d'une candidature numérique et de terrain. Et des regrets.

Regret2Depuis plus d'un an, j'ai adhéré et travaillé sans relâche au service d'une cause improbable, la promotion puis la candidature puis la victoire d'Emmanuel Macron à la présidentielle. Un objectif impossible à première vue même pour les plus grands soutiens d'Emmanuel Macron mais qui a été atteint. Exceptionnel.

Cette victoire, chacun le sait est dû avant tout au talent et à l'énergie du candidat. Emmanuel Macron est un candidat fantastique. Il sera je le pense, un président extraordinaire.

Mais hormis d'autres facteurs bien plus politiques sur lesquels je reviendrai une autre fois, rien n'aurait été possible sans le support des équipes autour d'Emmanuel Macron, équipes centrales en premier lieu au QG qui ont conçu et délivré nombre d'actions et outils originaux de campagne. La stratégie d'ensemble a été clé. Remarquablement menée. Ensuite les équipes de terrain dans les départements ont exécuté la stratégie décidée en haut lieu quitte à inventer et déployer eux mêmes un certain nombre d'initiatives locales. C'est là que j'ai œuvré, à l'animation des comités locaux des Yvelines. Une belle équipe autour d'Aziz François N'Diaye et Aurélie.

C'est une innovation permanente qui a mené à ce résultat. Dans cette campagne, l'innovation politique et les méthodes de management ont été dignes de grandes entreprises de la high tech. Ne serait ce que pour inviter et réunir des foules, les outils numériques ont été nombreux, intuitifs, partagés par une communauté branchée sans difficulté majeure. Du jamais vu mais finalement beaucoup de simplicité à l'usage, car utilisant beaucoup de logiciels de partage et de groupware. La plateforme en-marche.fr a été une des clés logistique du succès.

L'autre clé a été le travail de terrain. Le fameux porte à porte qui génère des échanges directs, qui convainc bien plus de personnes que le boitage ou l'affichage, qui combat l'abstention. Nous avons réalisé un beau boulot, collectif et productif. Nous avons fait le job. J'ai comme beaucoup d'autres, arpenté toutes les Yvelines et notre secteur des soirs durant, distribué des tracts des journées entières, collé des affiches, animé des réunions, organisé des calls pour donner des conseils et des directives de campagne et nous avons gagné. Collectivement. Une belle aventure humaine. Epuisante mais enrichissante. J'ai également passé du temps à convaincre sur les réseaux sociaux, un par un, les sceptiques, les critiques, les détracteurs. J'ai cherché à argumenter avec optimisme et bienveillance. Parfois avec vigueur quand l'opposition était plus rude. Un temps fou que j'ai passé, y perdant parfois la confiance et la patience de mes proches.

Sur le plan politique, j'ai quitté le PS, larguant toutes les amarres et les repères que j'avais dans mes tripes depuis trente deux ans. Sur le plan professionnel, j'ai mené de front à la fois un PSE me concernant et une activité syndicale, commerciale chronophage. J'ai assuré bien sûr mon rôle d'élu local à Meulan. Des journées de 12 à 16h parfois.

Alors ce soir néanmoins j'ai un regret, une frustration, une déception. Sans que ce soit une nécessité impérieuse mais bien un espoir, j'ai candidaté pour être député sur la 7ème circonscription et je n'ai pas été désigné. C'est la règle je le sais. Je savais que c'était possible mais quand même. J'aurais accepté la désignation de quasiment tout le monde sauf un parachutage, en l'occurrence d'une élue Modem, qui a profité d'un accord d'appareil pour obtenir l'investiture. C'est une dame sans doute honorable, je ne la juge pas, j'aurais sans doute fait comme elle à sa place (sauf le parachutage). Mais c'est pourquoi pour l'heure, je prends du recul.

Cela gâche la victoire. Pour d'autres adhérents qui n'avaient pas cette espérance mais soutiennent le projet depuis quelques semaines ou quelques mois, je l'ai entendu, un candidat ou un autre, finalement peu importe. Pour les pionniers du début par contre, quand nous n'étions que quelques uns, c'est autre chose. C'est forcément plus dur.

Alors s'il vous plait, laissez nous du temps avant de nous appeler messieurs dames du QG pour nous demander si nous avons envie de continuer à nous engager. Laissez nous digérer, avant de nous envoyer un mail type qui nous dit que dans les critères, comptaient "l’implication dans le mouvement, l’ancrage territorial, la motivation, le degré de préparation, la capacité à faire campagne et à emporter le scrutin." ... Beaucoup de recalés parmi mes amis ont dû avaler leur salive de travers quand ils ont lu cela. Implication ? Motivation ? ... Vous êtes sérieux là ?

Je préfère ne rien ajouter. La victoire d'EM aux législatives est acquise. Moi je vais prendre un repos bien mérité.

PS : je publie cette note sur mon blog sans la partager sur Facebook où je suis plus visible. Mon blog est destiné à mes proches, mes amis, mes connaissances. Il a cette vocation à dire ce qui fait le temps long de ma réflexion, loin du tumulte des réseaux sociaux.                                  


La percée en solitaire pour Macron

Solitaire-game-12Emmanuel Macron a démissionné. Il s'est donc émancipé de François Hollande et de Manuel Valls qui le rudoyait à chaque occasion dans les derniers temps. Il a bien fait.

Autant j'estimais envisageable qu'il participe à une primaire organisée par le PS il y a quelque temps, autant c'est devenu plus qu'incertain maintenant. J'ai lu une déclaration de Cambadélis que j'estime totalement ridicule et déplacée.

Mon engagement auprès du Parti socialiste ne tient plus qu'à un fil. Et même si la situation se décantait autrement je ne me sens plus beaucoup d'atomes crochus avec ces gens qui dénigrent à tout bout de champ Macron. Ils excommunient plus vite ceux qui ont très longtemps soutenu le gouvernement que les frondeurs. C'est pitoyable.


Drame à Nice le 14 juillet

NiceIl est terrible de voir le nouveau drame qui vient de ravager la ville de Nice. Je manque de mots pour en parler et je ne veux pas en faire une affaire politicienne comme le font malheureusement trop d'hommes politiques qui aspirent pourtant aux plus hautes fonctions.

On ne sait pas si le tueur est un terroriste ou un psychopathe à cette heure.

Attendons le résultat de l'enquête et pour l'heure pensons à toutes les victimes et à leurs proches. Toute notre sympathie et notre compassion les accompagnent.


Une primaire citoyenne avec Macron ?

Je suis surpris par la décision du PS d'organiser une primaire citoyenne en 2017. On avait tellement l'impression que cette primaire ne se justifiait pas pour un président en exercice que cette primaire révèle au final le très grand état de faiblesse politique du président Hollande. Les débats houleux sur la déchéance de nationalité et la loi travail sont passés par là.

Alors que cela va mieux sur le plan des résultats économiques et même du chômage, engagement clé du président pour se représenter, on a l'impression qu'une décision de cette nature a été prise pour jouer une sorte de va tout. Un coup politique.

Quel peut être l'objectif ? Je n'ai aucune certitude mais l'objectif de Hollande est sans doute de remonter sa cote de popularité dans son camp descendue sous la ligne de flottaison. Il faut se relégitimer lit-on ici ou là. Notamment en se ramenant au niveau d'un candidat normal et proche des gens. Mais c'est aussi l'occasion d'embarrasser ses concurrents. 

Je me suis interrogé. D'accord une primaire mais au point de se confronter à Marie-Noëlle Lienemann et Gérard Filoche ?? Gérard Filoche devenu un lourdaud vulgaire et grossier personnage ... On a du mal à le voir confronté à Hollande sans que la confrontation ne sombre dans le ridicule. Et s'il n'est pas candidat, le bonhomme sera encore plus incontrôlable. A droite aussi d'ailleurs il est acté que des individus au verbe haut comme Jacques Myard ou Nadine Morano sont tout aussi spéciaux. Bref, l'abaissement de la fonction présidentielle est consacré. Les élites ne sont plus seulement contestées, elles sont démonétisées. Les temps ont changé. La déférence qu'inspiraient les grandes figures de la Vème république n'existe plus. On est arrivé au summum de la présidence normale. En résumé, il peut y avoir à la gauche de Hollande la sénatrice Lienemann, Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, et à droite ...pourquoi pas Macron. 

C'est sans doute prématuré mais j'en viens à me demander : puisque François Hollande ne dit pas non à une primaire pour se confronter à des "petits candidats" ou même à un Arnaud Montebourg dont le socle idéologique est plus solide, pourquoi n'y aurait-il pas d'opportunité pour un Emmanuel Macron d'exprimer le fond de sa pensée économique, sociale et environnementale qui est elle aussi d'un autre calibre ?

Après tout, s'il existe des sensibilités différentes au sein du PS et ses alliés dans la BAP, pourquoi ne pas ouvrir la compétition avec le fondateur d'En Marche ? La déloyauté supposée ? Mais dans une primaire on ne trahit pas son camp, on amène ses idées dans le débat et on mesure leur audience populaire. Ce qui est une trahison c'est de faire concurrence au premier tour de l'élection réelle quand il y a un risque d'élimination de la gauche du second tour.

Le débat peut couvrir tout l'arc idéologique dans cette primaire. Hollande peut même y trouver un intérêt tactique en ayant à ses côtés une autre cible que lui même en tant qu'artisan de la politique menée depuis le début du quinquennat. S'il est le seul candidat favorable à la politique actuelle le tir de barrage des frondeurs et des contestataires se concentrera sur lui. Il sera bon que Macron fasse la pédagogie des réformes que Hollande seul aura du mal à faire. De toute façon, on ne peut reprocher en permanence à Macron de ne pas être élu et lui contester le droit de participer à une élection. Son statut de ministre n'est pas non plus un obstacle si on sait que Sylvia Pinel songe elle aussi à candidater pour le PRG.

Il va de soi que ceux qui disent que Macron n'a pas d'espace politique dans cette affaire vont un peu vite en besogne. Au contraire, en y réfléchissant, il peut s'agir d'une formidable opportunité. Et au second tour si Hollande est devant, c'est autant de réserves pour Hollande qu'il apportera. Plus j'y pense et plus il me semble qu'il y a une opportunité. Est ce que Macron va se déterminer à rejoindre la démarche de la Belle Alliance Populaire, c 'est la question. S'engager à soutenir Montebourg s'il est désigné, c'est une chose. Soutenir Filoche ... c'est impensable, mais on n'en est pas là ... D'aillleurs la question est posée à tous les candidats : s'engager à soutenir la démarche de la Belle Alliance Populaire pour participer.

Bref, les questions sont pour tout le monde, Macron risque de perdre beaucoup en popularité à droite en participant à la primaire de gauche mais il faut choisir, quelle est l'autre option ? Attendre 2022 ... C'est bien loin. Et s'il négocie une alliance électorale avec le PS, il sera marqué tout autant. Fin du "ni de droite, ni de gauche" ... Alors pourquoi attendre ? Il faudra bien donner un débouché politique à la démarche d'En Marche ! L'autre option, c'est la percée en solitaire ...


L'avenir est En Marche!

"Je ne voterai plus jamais PS" ... C'est ce qu'on entend du côté de la gauche radicale, de l'extrême gauche et de quelques frondeurs qui ont quitté le PS comme Pouria Amirshahi ...

Valls pour sa part théorise sur les "gauches irréconciliables", applaudi en cela par Mélenchon qui ne rêve que de voir le PS à terre. Convergence d'analyse si ce n'est d'intérêts. Avec le même résultat au bout : l'absence au second tour de 2017.

La gauche est en train de mourir.

Il va falloir inventer autre chose. C'est pourquoi je regarde désormais ailleurs.

Je-suis-en-marche

 


La crise sociale sur la loi travail constitue les prémices d'une rupture politique.

Réforme structurelle la loi travail ou réformette à la française sans portée réelle ? La discussion est d'importance au moment où les blocages perdurent.

Si l'on en juge par l'opposition croisée de la droite, de l'extrême droite, de la gauche radicale, des syndicats contestataires, du Medef, des frondeurs, tous considèrent qu'il s'agit d'une réforme d'ampleur qu'il ne faut pas laisser passer. Et pourtant Valls tient. Hollande aussi pourrait-on dire mais c'est la fermeté de Valls qui est frappante. "Pas de faiblesse" est son mot d'ordre. Il est vrai que reculer une nouvelle fois après l'affaire de la déchéance de nationalité serait désastreux.

En fait le premier ministre sait que cette réforme est majeure pour prouver la capacité de la gauche modérée à réformer le pays. La droite devrait l'applaudir et le soutenir car elle aura aussi en cas d'alternance à affronter le pays si elle en veut mettre en oeuvre son agenda social bien plus radical que la loi travail. Ils voudront passer en force, par ordonnances disent-ils. Cela n'empêchera pas la contestation mais ils auront la légitimité d'une élection nationale récente. Concernant la loi actuelle évidemment la droite ne fera aucun cadeau au gouvernement. Les frondeurs non plus. Et si une coalition des deux fronts de l'opposition se forme, une motion de censure n'est pas à exclure. On verra la chose en juillet.

Pour l'heure, c'est Valls qui tient la boutique. Il sait que de cette bataille dépendra son image de réformateur et quoiqu'il arrive en 2017, du leadership à gauche au moment de la recomposition politique. Si la droite gagne en 2017, Hollande sera écarté du pouvoir, et le jeu normal voudrait que la direction du parti socialiste et du groupe parlementaire socialiste soient l'enjeu majeur. C'est aussi ce sur quoi comptent les aubrystes et la gauche du parti. Ce jeu ne m'intéresse guère. Revoir les mêmes manoeuvres et ces compromis déprimants pour les investitures me répugne franchement.

Pour tout dire je m'interroge sur la question de la survie du PS dans sa forme actuelle. Les débats internes m'ont démontré que les réformateurs au rang desquels les vallsistes ne partageaient plus grand chose avec certains camarades qui n'ont cessé de pourrir la vie de la majorité. Si ces gens là font le procès du quinquennat et prennent la tête du parti, je le quitterai, mais il y a déjà pas mal de choses que je ne supporte plus dans ce parti. J'espère que le mouvement d'Emmanuel Macron En Marche ! auquel j'ai adhéré se transformera alors en parti politique.

Rien n'est fait à ce stade, mais une forme de rupture est en marche ...


Social-libéralisme

Un article de Slate m'a convaincu de dire mon accord avec le social libéralisme. De social démocrate je me droitise encore ... diront les détracteurs. Eh bien soit. Je préfère assumer une étiquette de libéral de gauche que de social démocrate de droite. Ou pire de socialiste de façade. Social-traître ... peu importe.

Les insultes et le mépris de certains "camarades" ne me font pas peur. Les Filoche, Hamon, Paul et Baumel n'appartiennent pas à ma gauche. Pas plus que les communistes et les Verts rouges. Je connais le monde de l'entreprise privée, le monde du risque et de la rémunération variable, le monde du travail et de la gestion. Ce n'est pas pour me laisser impressionner en économie par des gens qui n'ont pour horizon que les syndicats les plus conservateurs, la fonction publique (respectable au demeurant) et les appareils politiques les plus sclérosés. Quand j'entends des apparatchiks ou des activistes théoriser autour de l'exploitation des salariés et de la lutte des classes, ça me fait fuir désormais. Oui j'approuve les théories économiques de John Stuart Mill ou de John Maynard Keynes. Pas celles de Milton Friedman ou d'Adam Smith, ni de Karl Marx ou de Piketty. J'aime bien Schumpeter. Je ne suis pas convaincu par Ricardo.

Bref, je fais de l'économie de marché la règle et le secteur public marchand l'exception.

Social-libéral certes mais toujours au PS pour l'heure. Et tant pis si la mode est à Corbyn ou à Sanders. Ces gens là sont sympathiques mais n'ont aucune chance d'arriver au pouvoir dans de grands pays libéraux comme les Etats-Unis ou l'Angleterre.

La recomposition politique de 2017 va arriver plus vite qu'on ne croit. Je sais avec quel leader politique je me sens à l'aise. François Hollande est le présent. Manuel Valls et Emmanuel Macron sont l'avenir. Il sera toujours temps de changer de structure politique si l'existant ne change pas, si le PS ne se dépasse pas. C'est un choix que je ferai le moment venu.

 


Macron chat alors !

MACRONLe chat sourit et j'ai souri en lisant cet éditorial de Laurent Joffrin, quand celui-ci écrit au sujet de la popularité de Macron : "C’est aussi parce qu’en temps de crise, l’électorat de gauche fait sienne la maxime de Deng-Xiaoping : qu’importe que le chat soit noir ou blanc, pourvu qu’il attrape des souris". Il est clair aussi que Macron fait parler, fait tourner les rotatives et vendre du papier. Il n'y a personne qui ne soit devenu aussi connu en si peu de temps. Alors qu'il est devenu ministre sur un concours de circonstances il y a un an à l'occasion de la sortie de route d'Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, il est aujourd'hui au centre de nombreux débats qu'il crée lui même au besoin. Et surtout il a été à la manoeuvre sur une loi qui porte son nom en ayant concentré nombre de critiques, au point qu'il a fallu le 49-3 pour la voter.

C'est peut-être cette agitation d'idées qui tourne à la crispation permanente pour les plus conservateurs, qui est devenue sa marque de fabrique. Il parle avec brio, conjuguant audace et talent, des problèmes qui travaillent la société française, quitte à ce que ses idées dépassent sa pensée on l'imagine, tant il réfléchit à voix haute. Dans tous les domaines techniques, il a l'envergure d'un futur premier ministre. Je le crois assez proche de Hollande pour le devenir avec un peu de maturité et de contrôle de sa parole s'il s'agit de gérer le pays. Mais ce n'est pas le sujet du moment. Valls restera je le souhaite premier ministre jusqu'au bout. Il est plus doué sur le plan politique et a un tempérament d'autorité que Macron n'a pas manifestement. Macron me rappelle Rocard par certains côtés. 

C'est bien l'héritier de la deuxième gauche sur le plan des idées. Peut-être qu'il se fera manger par les souris en cours de route, mais pour l'instant le chat est vivant et bien vivant.